Médecine manuelle : la chiropraxie a le vent en poupe

Médecine manuelle : la chiropraxie a le vent en poupe

La chiropraxie, troisième profession de santé la plus sollicitée aux Etats-Unis, est reconnue comme profession légale en France depuis la loi du 4 mars 2002 (loi Kouchner).

Cette médecine manuelle tend à se développer peu à peu dans l’Hexagone, mais n’étant pas reconnue par l’Assurance Maladie, elle n’est pas remboursée par la Sécu. Sa pratique est pourtant encadrée  légalement depuis 2011, la même année où l’INSERM a prouvé son efficacité « dans les lombalgies aiguës ou subaiguës ». Focus sur cette thérapie qui soulage bien plus que le mal de dos ou l’entorse.

Comment fonctionne la chiropraxie ?

La chiropraxie, chiropractie ou encore chiropratique consiste à prévenir, diagnostiquer ou soigner les troubles de l’appareil neuro-musculo-squelettique grâce à des manipulations manuelles. Ces gestes, couramment appelées « ajustements » sont effectués au niveau des tissus mous, des vertèbres et des articulations afin de réparer les troubles de la colonne vertébrale. C’est ainsi que  Daniel David Palmer, le fondateur de cette discipline, aurait rétabli l’ouïe d’un homme sourd en 1895.

Plus d’un siècle plus tard, la chiropratique est reconnue légalement comme une profession de santé dans plus de 40 pays dans le monde. Cette thérapie est basée sur l’étroite relation entre la colonne vertébrale et le système nerveux. Elle vise la restauration de la transmission de l’influx nerveux qui, en cas de blocage mécanique, provoque des dysfonctionnements dans l’organisme pouvant entrainer des subluxations.

Ces dernières désignent les altérations fonctionnelles du système locomoteur généralement localisées sur la colonne vertébrale et le bassin.

La chiropraxie pour qui et pour quels maux ?

En 2011, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) a attribué à la chiropractie une efficacité comparable à celle d’autres traitements (kinésithérapie, médicaments, chirurgie) pour soulager les lombalgies (mal de dos) aiguës ou subaiguës. Mais la discipline a plus d’un tour dans son sac.

De plus en plus de Français et bon nombre d’Américains consultent le chiropraticien en cas d’arthroses articulaires, de sciatiques, de maux de tête d’origine mécanique (céphalées) ou encore de cervicalgie (douleur au cou). La chiropraxie soigne aussi bien ces troubles que leurs conséquences telles que les vertiges et les migraines. Elle peut également traiter les troubles digestifs, l’asthme, les infections urinaires, l’otite, la bronchite, etc.

Elle s’adresse à toute personne indépendamment de l’âge et particulièrement aux sportifs de haut niveau, les femmes enceintes, les enfants en pleine croissance et les personnes âgées. Les chiropracteurs sont en effet très sollicités après les entrainements très intenses, suite aux changements apportés par la grossesse et la croissance ainsi que pour garder une souple mobilité après un certain âge.

Quel profil a le chiropraticien ?

En France, l’Institut Franco Européen de Chiropraxie (IFEC) est le seul établissement reconnu mondialement et agréé par le Ministère de la Santé pour fournir une formation en chiropraxie. Le diplôme de l’IFEC, reconnu RNCP Niveau 1 (Master Bac +5), est accrédité par les Council on Chiropractic Education (CCE). Il est délivré après 6 années d’études à temps plein, selon les standards des CCE qui doivent être respectés à travers le monde.

Les chiropracteurs français diplômés peuvent ainsi exercer dans un pays hors de l’Hexagone et ils sont enregistrés auprès des Agences régionales de santé (ARS). La France compte entre 500 et 700 chiropraticiens. La chiropratique peut aussi déboucher à d’autres techniques de soins chiropratiques (COX Flexion/Distraction) ou à des spécialisations comme l’orthopédie chiropratique, la chiropraxie pédiatrique, la radiologie ou encore la spécialité agréée par la Fédération internationale de chiropratique du sport (FICS).

Et la séance ?

Lors de la première séance, le chiropraticien débute toujours par une entrevue préliminaire afin de connaître le profil de son patient : ses maux, ses habitudes, ses activités physiques quotidiennes… Il examine ensuite visuellement la posture du malade et procède à des palpations pour déceler toute tension musculaire. Son diagnostic peut également s’appuyer sur des radiographies, des scanners ou des IRM pour plus de précisions sur les zones affectées par les subluxations.

Les ajustements manuels peuvent s’effectuer en position assise ou allongée. Les praticiens peuvent également utiliser des outils spécifiques tels que l’instrument à impulsion,  la table Thompson ou encore la table de flexion-distraction (technique COX). Une séance dure entre 15 à 30 minutes, sauf pour la première qui est plus longue en raison de l’entretien préalable. Il faut compter entre 35 et 80 euros pour une consultation et elle n’est pas remboursée par l’Assurance maladie, mais certaines mutuelles en offrent une prise en charge totale ou partielle. Il faut compter entre 3 à 10 séances pour obtenir des résultats. Des courbatures, de la fatigue et une augmentation des symptômes surviennent toujours 24 à 72 heures après les manipulations, mais cela est tout à fait normal.

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