L’ostéopathie : définition, principes, réglementation

L’ostéopathie : définition, principes, réglementation

L’ostéopathie est une médecine naturelle manuelle permettant de remédier à des troubles fonctionnels du corps humain.

Le Registre des ostéopathes de France a enregistré 5342 ostéopathes ADELI en 2010, un effectif qui a atteint 15545 en 2016. La demande a elle aussi fortement augmenté, avec 26 millions de consultations par an en 2015 contre 20 millions en 2010. Mais comment définirait-on l’ostéopathie ? Cette médecine naturelle de plus en plus convoitée est-elle règlementée et remboursée par la Sécurité sociale ? Les détails.

Comment définirait-on l’ostéopathie ?

Le décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 relatif aux actes et aux conditions d’exercice de l’ostéopathie définit cette pratique comme « des manipulations ayant pour seul but de prévenir ou de remédier à des troubles fonctionnels du corps humain, à l’exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques. Ces manipulations sont musculo-squelettiques et myo-fasciales, exclusivement manuelles et externes. ».

Autrement dit, l’ostéopathie est une médecine naturelle qui traite bien plus que les douleurs musculosquelettiques. Son champ d’action est large, des douleurs cardiovasculaires aux douleurs pulmonaires en passant par les douleurs neurologiques ou encore digestives.

Les 5 principes fondamentaux de l’ostéopathie

Lorsque l’on parle d’ostéopathie, notre corps est un tout. Les douleurs, quelles qu’elles soient (hormonale, neurologique, vasculaire, musculosquelettique, digestive…), n’affectent donc pas un seul système, mais l’ensemble de l’organisme.

Le Dr Andrew Taylor Still, fondateur de cette médecine naturelle, définit 5 principes de l’ostéopathie. Comme l’organisme est composé de plusieurs parties reliées entre elles, il doit être appréhendé dans son ensemble (la globalité). Ensuite, le système neuro-musculo-squelettique est essentiel, car il assure le mouvement (le mouvement), tout comme le bon fonctionnement du système vasculaire (la loi de l’artère). Quatrième principe : la structure organique gouverne la fonction (l’interdépendance structure/fonction). Enfin, le corps possède des capacités d’autoguérison.

Dans la pratique, l’ostéopathe observe la posture de son client puis décèle les tensions ou les déséquilibres à l’origine des douleurs ou des malaises en utilisant une palpation fine. Il réalise ensuite différentes manipulations et techniques ostéopathiques afin de rétablir l’équilibre de l’organisme.

Le cadre réglementaire de l’ostéopathie

Andrew Taylor Still (ancien médecin méthodiste) a créé cette médecine naturelle en 1873 aux États-Unis. Elle a ensuite été reconnue par plusieurs pays européens, dont la Grande-Bretagne en 1993, la Belgique en 1999, puis la France trois ans plus tard. Si l’ostéopathie a été pratiquée par les kinésithérapeutes et les médecins durant le XXe siècle, elle ne sera réglementée et autorisée qu’en 2002 après plusieurs conflits juridiques et débats. La loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé définira la réglementation de l’ostéopathie.

En ce qui concerne la formation, cette discipline est règlementée par plusieurs décrets et arrêtés publiés le 12 décembre 2014. Ces textes définissent son dispositif de formation afin de pouvoir exercer en tant qu’ostéopathe : 800 heures de formation pour les médecins, 1900 heures pour les masseurs-kinésithérapeutes et sages-femmes, 2300 heures pour les pédicures-podologues et les infirmiers. Enfin, les bacheliers doivent suivre 4860 heures de formation, incluant 1500 heures de pratique clinique, dont 150 consultations complètes et validées. Notez que parmi tous les pays membres de l’Union européenne, la France propose le niveau de formation le plus élevé en ostéopathie.

Comment reconnaitre un ostéopathe compétent ?

L’ostéopathe doit avant tout inscrit à l’Agence régionale de Santé ou ARS (anciennement DDASS) de son département d’exercice, et être habilité à utiliser le titre d’ostéopathe. Il doit avoir un numéro ADELI et doit également présenter le sigle DO MROF sur sa plaque. Celui-ci fait référence au Diplôme d’ostéopathe et témoigne d’un titre d’enseignement supérieur certifié d’État.  

Quelques chiffres sur l’ostéopathie en  France

Depuis que l’ostéopathie a été reconnue en France, le nombre de professionnels a augmenté très rapidement. En 2002, le ministère de la Santé a recensé 4000 ostéopathes qui réalisaient 4 millions de consultations environ chaque année. Alors que le nombre d’ostéopathes ADELI a atteint 5342 en 2010, il a augmenté à 15545 en 2016 selon le Registre des ostéopathes de France.

En France, la demande a elle aussi fortement augmenté. Selon le Sondage OpinionWay réalisé pour le SMMOF en 2010 puis pour le SFDO en septembre 2015, on recensait 20 millions de consultations par an puis 26 millions en 2015.

L’ostéopathie est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?

Tout comme l’acupuncture, l’homéopathie et la mésothérapie, l’ostéopathie est reconnue comme pratique thérapeutique « complémentaire ». Ainsi, pour que les consultations soient prises en charge par l’Assurance Maladie, l’ostéopathe doit être reconnu médecin conventionné secteur 1 (adhérent à la Convention médicale). La Sécurité sociale remboursera ainsi à hauteur de 70% la consultation sur la base du tarif conventionné qui est de 25€.

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