Homéopathie: les remboursements ont baissé de 2% en 2018

Homéopathie: les remboursements ont baissé de 2% en 2018

Alors que la Haute Autorité de Santé devrait prochainement recommander le déremboursement des produits homéopathiques par la Sécurité Sociale, l’Assurance Maladie a fourni quelques statistiques utiles sur le coût de cette garantie pour les assurés sociaux. Dans la pratique, non seulement le coût de l’homéopathie représente moins de 0,05% de la consommation de soins et de biens médicaux en France, mais son coût baisse alors que la dépense santé augmente par ailleurs. Ces éléments devraient souligner le caractère purement idéologique de la décision de déremboursement.

 

L’Assurance Maladie a fait le choix de communiquer sur les dépenses que lui causent l’homéopathie, en voie de déremboursement annoncé. Le chiffre est intéressant car il montre que les dépenses sont passées de 129 millions d’euros en 2017 à 126 millions en 2018. Cette baisse de 2% est importante pour au moins deux raisons.

L’homéopathie est une dépense vertueuse

D’une part, elle montre que l’homéopathie est un poste dont le niveau de dépenses baisse, ce qui tranche avec le reste de l’assurance-maladie. D’une manière générale, les dépenses de santé sont marquées à la hausse. On peut dès lors s’interroger sur l’intérêt de dérembourser des médicaments dont le coût ou la consommation baisse, et qui seront potentiellement remplacés par des produits plus coûteux.

D’autre part, elle rappelle qu’aujourd’hui l’intervention de l’assurance maladie ne couvre que 20% du « marché » des produits homéopathiques. 500 millions de dépenses annuelles ne sont pas couvertes par la sécurité sociale et relèvent soit des complémentaires santé, soit du reste à charge. Rappelons ici que certains contrats de complémentaire santé remboursent assez généreusement les prescriptions homéopathiques.

Au total, les 126 millions de l’homéopathie apparaissent comme une goutte d’eau dans la dépense de santé globale en France, inférieure à un demi dixième de pour cent du total.

Un débat purement idéologique

Si le déremboursement des produits inefficaces était une règle absolue dans la sécurité sociale, la question de l’homéopathie n’embarrasserait probablement personne. Toute la difficulté tient au fait que, l’homéopathie, largement financée par les patients et financièrement vertueuse semble soumise à un traitement bien plus rude que de nombreux solutions allopathiques autorisées sur le marché. Et, sur celles-ci, on n’entend guère les allopathes demander des mesures d’urgence.

Le Mediator, qui devrait coûter très cher en indemnisation des victimes, a bien illustré ce phénomène.

On comprend tous ici que ce qui se joue n’est pas une question d’équité dans la protection sociale, mais un marquage idéologique quasi-identitaire entre les « torchons » de la médecine traditionnelle et les « serviettes » de la médecine allopathique. Au risque de coûter cher, in fine, aux finances publiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.