1000 ans après… un manuscrit en phytothérapie est disponible en ligne !

1000 ans après… un manuscrit en phytothérapie est disponible en ligne !

En pommade, décoction ou infusion, les plantes médicinales avaient déjà été utilisées depuis longtemps en Occident, et ce, jusqu’à aujourd’hui. La preuve, 1000 ans après sa création, un petit miracle patrimonial qui renferme tous les secrets des plantes médicinales a été mis en ligne par la Bibliothèque Nationale du Royaume-Uni.

Cotton MS Vitellius C III, petit miracle patrimonial

Alors que l’homéopathie ne fait plus partie des médecines naturelles prises en charge par la Sécurité sociale, la phytothérapie continue de plus belle de faire parler d’elle. En 2017, la fondation Polonsky a mené un incroyable projet : celui de numériser dans son intégralité Cotton MS Vitellius C III. Ce manuscrit illustré de phytothérapie qui date de plus de 1000 ans est ainsi en libre accès via Gallica, la Bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de France (BNF) et de ses partenaires, grâce à la collaboration entre la Bibliothèque Nationale du Royaume-Uni (British Library) et la BNF.

En 2017, la British Library, la bibliothèque nationale du Royaume-Uni, a numérisé dans son intégralité puis mis en ligne ce guide. Contrairement à d’autres trésors patrimoniaux de ce type, comme le manuscrit de Voynich qui décrit les pratiques des apothicaires du Moyen Âge ou le Harley MS 585, le Cotton MS Vitellius C III est le seul guide illustré.

Selon Alison Hudson, conservatrice des manuscrits, ce guide en ancien anglais  aurait été écrit par l’écrivain anglais Pseudo-Apuleius (IVe siècle), puis serait le fruit de textes combinés écrits par plusieurs auteurs de la fin de l’Antiquité. Il pourrait aussi appartenir au style monastique de Canterbury et Winchester compte tenu de ses illustrations et de la graphie. Ce manuscrit aurait aussi été complété au fil des siècles, avec l’ajout d’une table des matières au XIIe siècle et d’appellations en différentes langues au XVIe siècle.

Une mine d’or pour les adeptes de la phytothérapie

Pour les adeptes de la médecine par les plantes, Cotton MS Vitellius C III présente plusieurs traitements naturels sous forme d’infusion, de pommade, ou de décoction pour traiter quasiment tous les maux. Les douleurs thoraciques ou hépatiques, par exemple, pouvaient se soigner par la racine de réglisse. L’odeur corporelle, elle, peut être atténuée en infusant les artichauts dans du vin. Pseudo-Apuleius décrivait aussi certaines plantes mythiques comme la mandragore.

Entourée de nombreuses légendes, cette plante herbacée vivace originaire du bassin méditerranéen avait déjà été utilisée durant l’Antiquité par les médecins grecs. Hippocrate, par exemple, l’administrait pour soigner la dépression et la mélancolie. Pour Théophraste, les feuilles permettent de soigner les blessures et la racine les maladies de peau ainsi que la goutte. De son côté, Socrate avait déjà parlé des effets sédatifs de cette plante aux vertus magiques extraordinaires.

En plus de présenter des plantes médicinales et leurs utilisations, Cotton MS Vitellius C III décrit des médicaments dérivés de parties d’animaux à quatre pattes, notamment originaires de régions méditerranéennes.

La phytothérapie aujourd’hui, en plein boom

Compléments alimentaires, huiles essentielles, gélules, teintures mères… la phytothérapie séduit de plus en plus de Français depuis une dizaine d’années, selon Bernard Weniger, maître de conférences de pharmacognosie (connaissance du médicament) à la faculté de pharmacie de Strasbourg. Même si elle n’est pas remboursée par la Sécurité sociale, de plus en plus de mutuelles proposent de prendre en charge les dépendances en médecines naturelles.

Les patients y ont principalement recours pour traiter les jambes lourdes, les troubles du sommeil, les gênes urinaires, les troubles articulaires, ou encore la nervosité. Cette médecine naturelle est d’ailleurs la troisième la plus demandée après l’homéopathie et l’ostéopathie, mais aussi celle qui est attestée par la recherche. En 2009 par exemple, la pharmacopée française a intégré la Lippia alba, verveine anisée, aux propriétés sédatives, ainsi que le curcuma aux propriétés anti-inflammatoires, très apprécié en phytothérapie.  

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