Comment les Anciens utilisaient-ils l'oignon?

Comment les Anciens utilisaient-ils l'oignon?

L’oignon a de nombreuses vertus que nous connaissons, et que nous prenons souvent plaisir à utiliser. Mais l’usage de l’oignon dans la médecine ordinaire n’a pas toujours été le même. Au dix-neuvième siècle, selon l’herboriste français Jourdan (auteur de la Pharmacopée universelle ou Conspectus des pharmacopées d’Amsterdam), voici comme il fallait l’utiliser.

oignons

Dans l’édition de 1828 de la Pharmacopée de Jourdan, il existe de nombreuses utilisations possibles de l’oignon : sous forme d’onguent, de cataplasme, d’huile, de baume, etc. Voici une revue de quelques idées répandues à l’époque pour tirer le meilleur parti de l’oignon.

L’art d’extraire la pulpe d’oignon

L’oignon était, il y a deux cents ans, considéré comme un excitant et un diurétique. Il était d’ailleurs largement recommandé pour traiter l’ischurie, c’est-à-dire la difficulté à uriner.

Jourdan explique comment en extraire la pulpe : il faut d’abord en enlever la pellicule sèche, puis les mettre dans une bassine, les couvrir d’eau en les séparant par des bandes de toile. Après les avoir chauffés pendant une heure en les couvrant, il faut laisser l’eau s’évaporer et passer les oignons ramollis au tamis.

On obtient alors de la pulpe d’oignon.

Les usages diurétiques de l’oignon

Jourdan proposait plusieurs remèdes diurétiques à base d’oignon.

On retiendra notamment le cataplasme contre l’ischurie, qui se posait sur l’abdomen pour aider le patient à uriner. Il était fabriqué avec 4 oignons blancs hachés cuits avec quatre poignées de feuilles fraîches de pariétaire et une « quantité suffisante » de décoction épaisse de guimauve.

Dans les Archives Générales de Médecine de Jacques Raige Delormei, de 1833, on trouve une explication sur la façon d’utiliser la matière ainsi obtenue sous forme de cataplasme. On étend la bouillie sur un morceau de flanelle et on maintient le tout sur l’abdomen avec un bandage un peu serré.

L’apozème diurétique

Mais Jourdan propose aussi d’utiliser l’oignon en apozème diurétique, c’est-à-dire en infusion à laquelle la préparation est ajoutée. Pour constituer cette mixture, Jourdan indique qu’il faut faire bouillir quatre oignons blancs de moyenne grosseur avec une pincée de cresson de fontaine en environ 500 millilitres de petit lait clarifié. Lorsqu’il ne reste plus que 300 millilitres de colature, c’est-à-dire de cette liqueur naturelle, il faut ajouter environ 30 centilitres de vinaigre scillitique.

Rappelons que la scille est une variété de jacinthe.

Pour consommer cet apozème, Jourdan recommande de l’ingurgiter le matin en « deux verrées » accompagnées d’une infusion de réglisse nitrée relevée d’un peu de vin blanc, ou de quelques verres d’une décoction de guimauve et de graine de lin, mélangée à du sirop de gomme pour atténuer le goût.

Ces préparations étaient réputées rétablir la fonction urinaire.

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