Danger du sucre : les boissons sucrées provoqueraient-elles le cancer ?

Danger du sucre : les boissons sucrées provoqueraient-elles le cancer ?

La plupart des études ont démontré que consommer régulièrement des boissons sucrées augmente le risque de diabète et de maladies cardiovasculaires. La cohorte française NutriNet-Santé a voulu faire autrement en étudiant l’association entre les boissons sucrées et le risque de cancer…

Selon une étude du Global Burden of Disease (2016), la consommation de boissons sucrées a augmenté de plus de 40% de 1990 à 2016 à travers le monde. L’impact des boissons sucrées sur la santé cardiométabolique est étudié sur plusieurs angles.

La plupart des études sur le sujet ont déjà démontré que la consommation régulière de boissons sucrées est associée à un risque élevé de :

  • Prise de poids ;
  • Surpoids ou obésité ;
  • Incidence plus élevée de diabète de type 2 ;
  • Risque plus élevé d’hypertension ;
  • Mort cardiométabolique.

En 2010, environ 178 000 décès annuels dans le monde dus au diabète et aux maladies cardiovasculaires étaient liés à la consommation de boissons sucrées.

En revanche, l’association entre les boissons sucrées et le risque de cancer a moins été étudiée. Cette relation potentielle soulève pourtant des préoccupations croissantes en raison de sa plausibilité mécanique. En effet, les boissons sucrées sont associées de façon convaincante au risque d’obésité, qui à son tour est reconnu comme un facteur de risque important pour de nombreux cancers.

Outre l’obésité et de l’adiposité, il existe un lien entre les boissons sucrées et le cancer, car celles-ci peuvent impliquer l’insuline. Celui-ci a un lien avec le cancer du sein et le carcinome hépatocellulaire liés au diabète. Les composés chimiques dans les boissons sucrées, comme le 4-méthylimidazole (4-MEI) dans les boissons contenant des colorants au caramel, les pesticides dans les jus de fruits, ou les édulcorants artificiels tels que l’aspartame pourraient jouer un rôle dans la cancérogenèse.

De plus, les boissons sucrées et les boissons sucrées artificiellement ont rarement été analysées séparément dans d’anciennes études. NutriNet-Santé a voulu faire autrement. Cette cohorte nationale française qui étudie les relations entre la nutrition et la santé a réalisé une étude dans ce sens en 2019. Son objectif : étudier les relations entre les consommations de boissons sucrées et de boissons sucrées artificiellement et le risque de cancer dans une large cohorte prospective avec une évaluation détaillée et à jour de l’apport alimentaire.

La cohorte française NutriNet-Santé se penche sur le sujet

Cette étude publiée dans le British Medical Journal en 2019 a évalué les associations entre la consommation de boissons sucrées (comme les boissons sucrées et les jus de fruits 100%), les boissons sucrées artificiellement et le risque de cancer, de cancer du sein, de la prostate et colorectal. Au total, 101 257 personnes âgées de 18 ans et plus (âge moyen 42,2) y ont participé de 2009 à 2017, dont 21,3% d’hommes et 78,7% de femmes.

Le tableau de composition NutriNet-Santé comprenait 97 boissons sucrées et 12 boissons sucrées artificiellement. Le groupe des boissons sucrées comprenait d’un côté toutes les boissons sucrées contenant plus de 5% de glucides simples, ainsi que 100% de jus de fruits (sans sucre ajouté). Il comprenait des boissons gazeuses (gazéifiées ou non), des sirops, des boissons aux fruits, des boissons chaudes sucrées, des boissons sucrées à base de lait, des boissons pour sportifs et des boissons énergisantes. D’un autre côté, le groupe des boissons édulcorées artificiellement comprenait toutes les boissons contenant des édulcorants non nutritifs, comme les boissons gazeuses diètes, les sirops sans sucre et les boissons diététiques à base de lait.

Les boissons sucrées augmentent le risque de cancer et le cancer du sein

Par rapport aux personnes qui  consommaient moins de boissons sucrées, les consommateurs plus élevés avaient tendance à être plus jeunes, plus instruits, moins actifs physiquement et à avoir moins d’antécédents familiaux de cancer et  des maladies cardiométaboliques moins répandues. Ils avaient également des apports énergétiques, glucidiques, lipidiques et sodiques plus élevés et une consommation d’alcool plus faible que les consommateurs plus faibles. La consommation quotidienne médiane de boissons sucrées était également plus élevée chez les hommes que chez les femmes (90,3 ml contre 74,6 ml, respectivement).

Par ailleurs, l’étude a révélé que la consommation de boissons sucrées était significativement associée au risque de cancer (2193 cas) et de cancer du sein (693 cas). Cette dernière association a été observée plus spécifiquement pour le cancer du sein préménopausique que pour le cancer du sein postménopausique. Cependant, la consommation médiane de boissons sucrées était plus faible chez les femmes ménopausées (88,2 ml / j) que chez les femmes préménopausées (43,2 ml / j). 291 cas de cancer de la prostate et 166 cas de cancer colorectal ont également été diagnostiqués.

En revanche, l’association entre la consommation de boissons sucrées et le risque de cancer du poumon n’était pas significative.La consommation de boissons sucrées artificiellement n’était pas non plus associée au risque de cancer.  

Une base importante pour la prévention du cancer…

Cette étude a démontré que la consommation de boissons sucrées était positivement associée au risque de cancer et de cancer du sein. Lorsque le groupe de boissons sucrées a été divisé en 100% de jus de fruits et autres boissons sucrées, la consommation des deux types de boissons était associée à un risque plus élevé de cancer. En revanche, aucune association n’a été détectée entre la consommation de boissons sucrées artificiellement et le risque de cancer. Ces résultats suggèrent donc que les boissons sucrées, qui sont largement consommées dans les pays occidentaux, pourraient représenter un facteur de risque modifiable pour la prévention du cancer.

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