À la recherche du houblon bio

À la recherche du houblon bio

Le houblon, et tout particulièrement le houblon bio, est une denrée rare. Pourtant, le développement des micro-brasseries crée un véritable marché, difficile à satisfaire. La réglementation pour commercialiser du houblon est en effet tatillonne et décourage la production. Le houblon a toute sa place dans la pharmacopée traditionnelle.

Le houblon, aussi appelé Humulus lupulus siccum, est une plante de plus en plus recherchée, en particulier sous sa forme « bio ». Le développement de micro-brasseries de bière accroît en effet l’attrait pour ce produit devenu rare dans nos campagnes.

Le houblon, inséparable de la bière

Il existe 250 variétés de houblon pour aromatiser la bière. Quelques centaines de gramme de houblon suffisent à donner du goût à celle-ci, ce qui en fait un produit rare et indispensable à la fermentation. Ses fleurs délivrent une poudre jaune, la lupuline, qui participe à la conservation, l’amérisation et l’aromatisation de la bière. 

Les nouvelles brasseries artisanales sont demandeuses de houblon bio. Actuellement, l’offre française ne parvient pas à répondre à la demande. Face à cette pénurie, 70 % des brasseurs français déclarent utiliser du houblon importé (Allemagne, Royaume-Uni, États-Unis). 

Une vingtaine d’hectares ont été plantés en 2018, et au moins autant en 2019. La culture traditionnelle de cette plante pérenne se fait de façon particulière, sur des parcelles équipées de poteaux verticaux et de câbles. Ils permettent à la liane de houblon de pousser jusqu’à sept mètres de hauteur. Les fleurs en forme de cônes se récoltent avant leur maturité, entre mi-août et mi-septembre. Une fois séchées, elles sont conservées sous vide et au froid.

Des obstacles au développement de la production

Si le développement du houblon bio est si lent, c’est largement à cause des obstacles à la mise en culture et à la commercialisation.

D’une part, la mise en culture est très coûteuse. Le coût d’une houblonnière reste élevé entre l’installation, les plants, le matériel de récolte et de séchage (plus de 5 000 euros pour 1 000 m2). Le plant de houblon nécessite en outre trois ans pour atteindre sa pleine production, estimée à 1,6 tonne/ha en conventionnel et à 1,3 tonne/ha en production biologique.

La commercialisation est elle-même complexe. Le houblon récolté ne peut être commercialisé que s’il a été certifié par FranceAgriMer selon des critères précis de taux d’humidité, de tiges et feuilles et de graines. Une fois certifié, le houblon doit être analysé pour établir son profil aromatique ou amérisant, qui dépend de sa composition.

On comprend dans ces conditions que le houblon bio reste une denrée rare.

Le houblon, une plante de la pharmacopée traditionnelle

Les amateurs de plantes médicinales se réjouiront du développement de cette culture, puisque le houblon appartient à la pharmacopée traditionnelle sous l’appellation « cônes de houblon ».

Elle peut être utilisée en homéopathie ou en phytothérapie.

Dans ce dernier cas, elle est recommandée pour améliorer l’équilibre nerveux des personnes. Elle peut notamment atténuer les troubles du sommeil ou calmer les états d’anxiété. Certains lui prêtent aussi des vertus (inexpliquées) pour atténuer les douleurs menstruelles.

Un usage encore plus traditionnel vise à améliorer la production de lait chez la maman.

Le houblon peut être consommé en tisane ou en teinture-mère.

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