Obésité : une augmentation surprenante de la consommation de boissons sucrées

Obésité : une augmentation surprenante de la consommation de boissons sucrées

L’obésité est récemment apparue comme un problème de santé mondial majeur, avec des conséquences considérables. Des études épidémiologiques indiquent que le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque importants sur le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, le cancer et les décès prématurés. Cette prise importante de poids est notamment due à une boisson facile d’accès et fréquemment consommée : les boissons sucrées.

Le surpoids et l’obésité, une situation mondiale inquiétante

Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 1,6 milliard d’adultes dans le monde étaient en surpoids et au moins 400 millions étaient obèses en 2005. Ces chiffres devaient respectivement atteindre 2,3 milliards et 700 millions en 2015. Une situation qui inquiète d’autant plus qu’elle est due à la consommation de boissons sucrées, une boisson très demandée surtout par les enfants.

Au cours des 30 dernières années, il y a eu une augmentation marquée de la consommation de boissons sucrées à travers le monde. Aux États-Unis, par exemple, la consommation de ces boissons, qui comprend toute la gamme des boissons gazeuses, des boissons aux fruits, des boissons énergisantes et des boissons vitaminées à l’eau, est passée de 3,9% des calories à la fin des années 1970 à 9,2% en 2001, ce qui représente une augmentation de 3 fois de l’apport en sucre recommandé par l’OMS. 

Dans le contexte d’une pandémie d’obésité et de maladies chroniques, l’American Heart Association a publié une déclaration scientifique recommandant une réduction de l’apport en sucre ajouté qui ne devrait pas dépasser 100 à 150 kcal par jour pour la plupart des Américains. Bien que l’on soupçonne depuis longtemps que les boissons sucrées contribuent au moins en partie à l’obésité, ce n’est que ces dernières années que de grandes études épidémiologiques ont pu démontrer la relation entre la consommation de ces boissons sucrées et le gain de poids à long terme, le diabète de type 2 et les risques cardiovasculaires, chez les enfants comme chez les adultes.

Les boissons sucrées et l’obésité infantile

L’obésité infantile est connue pour favoriser le risque d’obésité à l’âge adulte et peut entraîner de graves conséquences comme le diabète de type 2 et le risque de maladies cardiovasculaires plus tard. Des preuves récentes suggèrent d’envisager le dépistage des lipides chez les enfants ayant un indice de masse corporelle (IMC) commençant au 80e percentile. À partir du 85e percentile, l’enfant est considéré comme en surpoids.

Étant donné la consommation élevée de boissons sucrées chez les enfants et les adolescents, plusieurs études épidémiologiques ont examiné la relation entre ces boissons et la prise de poids ou l’obésité à cette tranche d’âge. Une étude publiée dans le Journal of the American Dietetic  Association par exemple a démontré que chez plus de 2000 enfants âgés de 2,5 ans suivis pendant 3 ans, les consommateurs réguliers de boissons sucrées entre les repas avaient 2,4 fois plus de chances d’être en surpoids que les non-consommateurs.

Qu’en est-il chez les adultes ?

À ce jour, un grand nombre d’études ont évalué la relation entre la consommation de boissons sucrées et la prise de poids ou le risque de surpoids et d’obésité chez les adultes. Dans une étude publiée sur le JAMA (Journal of the American Medical Association) sur plus de  50000 infirmières suivies durant deux périodes de 4 ans ( 1991 à 1995 et 1995 à 1999), une consommation élevée de boissons sucrées était associée à une plus grande prise de poids.

Après ajustement pour les facteurs de confusion potentiels, les femmes qui ont augmenté leur consommation de boissons de 1991 à 1995 et maintenu un niveau élevé de consommation ont gagné en moyenne 8,0 kg au cours des 2 périodes contre 2,8 kg pour celles qui ont diminué leur apport de boissons sucrées et maintenu un faible niveau de consommation au cours de la même période.

Des résultats similaires ont été rapportés dans une étude publiée dans les Archives of Internal Medicine chez plus de 40 000 femmes afro-américaines suivies pendant 6 ans. Ceux dont l’apport en boissons sucrées est passé de ≤ 1 portion par semaine à ≥ 1 portion par jour ont pris le plus de poids. A contrario, celles qui ont diminué leur apport ont pris le moins de poids (6,8 et 4,1 k  respectivement) après ajustement des facteurs de confusion potentiels.

Attention à la grande quantité de glucides et de fructose

Les boissons sucrées contribuent à la prise de poids en raison de leur teneur élevée en sucre ajouté, de leur faible sensation de satiété et de l’apport incomplet en énergie total, ce qui entraîne une augmentation de l’apport énergétique. En moyenne, elles contiennent 140 à 150 calories et 35 à 37,5 g de sucre par 12 onces (l’équivalent de 340 g).

En outre, en raison de leur grande quantité de glucides rapidement absorbables, telles que les diverses formes de sucre, dont les édulcorants, de sirop de maïs à haute teneur en fructose sans compter les grandes quantités consommées par la population, les boissons sucrées peuvent augmenter le diabète de type 2 et le risque cardiovasculaire. L’obésité contribue ainsi à une charge glycémique alimentaire élevée, entraînant une inflammation, une résistance à l’insuline et une altération de la fonction des cellules bêta. Ces dernières sont l’un des types cellulaires du pancréas qui produisent l’insuline pour aider à réguler le taux de sucre dans l’organisme.

Il a également été démontré qu’une augmentation de la glycémie agit sur les taux de biomarqueurs inflammatoires tels que la protéine C- réactive (CRP), liée au diabète de type 2 et le risque de maladie cardiovasculaire. L’inflammation est connue pour influencer l’athérosclérose, la stabilité de la plaque et la thrombose. La consommation de boissons sucrées peut donc avoir un impact sur le risque de maladie coronarienne en quelques années.

Enfin, le fructose contenu dans les boissons sucrées peut également augmenter la pression artérielle et favoriser l’accumulation de l’adiposité viscérale ainsi que la dyslipidémie (la concentration trop importante de lipides dans le sang).

One thought on “Obésité : une augmentation surprenante de la consommation de boissons sucrées

  1. Tout n’est pas négatif dans les boissons sucrées. Lorsque l’on est en hypoglycémie, boire une boisson sucrée permet de remonter très rapidement le taux de sucre dans le sang. Il faut se limiter à en faire un usage thérapeutique. Pour le reste je suis d’accord

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