Santé mentale : les conséquences négatives du confinement

Santé mentale : les conséquences négatives du confinement

Le confinement peut engendrer chez certaines personnes des troubles mentaux perturbants, tels que la dépression, l’anxiété ou encore le stress. Prévenir ses conséquences négatives sur le mental est la clé pour bien vivre cet isolement forcé.

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Les derniers mois de l’année 2019 ont été cruciaux pour la Chine. Si la ville de Wuhan a été l’épicentre initial de la pandémie du COVID-19, elle s’est rapidement propagée dans le reste du monde. Toutes les personnes affectées par le virus ont immédiatement été mises quarantaine.

Cette mesure permet de limiter la propagation du virus en isolant les personnes qui ont été en contact avec un agent infectieux. Elle ne date pourtant pas d’aujourd’hui puisqu’elle a longuement été mise en pratique dans différents pays du monde, bien avant la pandémie du coronavirus, tels que le SRAS qui est apparu en Chine en 2002 ou l’Ebola découvert en 1976 en Afrique. Le terme de quarantaine a vu le jour durant le Moyen-âge, dans la ville de Venise en Italie, lors de la propagation de la lèpre et de la peste.

En France, le confinement de la population a débuté le 17 mars 2020 à 12h pour lutter contre le coronavirus. Durant cette période de confinement, les Français ont été privés de leurs proches et de leurs petites habitudes quotidiennes. Bon nombre de personnes ont mal vécu cette période d’isolement qui a pu engendrer des états de dépression et d’anxiété pour certains…

La santé psychologique des Chinois durant la pandémie

Lors de l’épidémie du coronavirus en Chine, une enquête nationale  a été menée sur la population chinoise afin d’étudier leur santé mentale. Les chercheurs ont invité la population provenant de 36 régions chinoises à répondre à un questionnaire. Plus de 52 000 réponses ont été alors analysées. Les deux tiers des personnes interrogées sont des femmes.

Selon les résultats, l’une des principales conséquences de l’isolement est la détresse psychologique. Elle est ressentie par un tiers des personnes, dont principalement des femmes qui sont plus vulnérables au stress.

L’étude a également démontré que les personnes âgées entre 18 et 30 ans ainsi que les seniors de plus de 60 ans sont les plus susceptibles au stress. Cela pourrait expliquer le taux d’infection élevé chez les seniors. Chez les plus jeunes, l’état de stress est accentué par l’effet anxiogène des réseaux sociaux.

Les personnes résidant dans les régions les plus touchées par le virus sont également plus vulnérables au stress psychologique. Et bien que le confinement total ait été déclaré en Chine, de nombreuses personnes ont dû continuer à travailler, une autre source de stress psychologique en raison des craintes de contamination lors des déplacements.

Autre résultat : l’interdépendance entre la qualité du système de santé et le stress psychologique. Shanghaï en est un parfait exemple, car malgré le haut risque de COVID-19 dans cette ville, aucun pic de détresse psychologique n’a pas été enregistré en raison de la bonne gestion globale de l’épidémie et de la performance du système de santé.

Cette étude a donc clairement démontré que les populations à risque sont les résidents des régions les plus touchées par le virus, les jeunes, les femmes, les seniors ainsi que les travailleurs qui n’ont d’autres choix que de se déplacer pour aller travailler.    

Les conséquences de la mise en quarantaine dans le monde

Une autre analyse, réalisée par les chercheurs du King’s College à Londres et publiée dans The Lancet, a combiné 24 études émanant de 10 pays sur les conséquences psychologiques du confinement durant l’épidémie du SRAS, de l’Ebola et de la grippe A (H1N1).

Ces études ont clairement démontré que la durée du confinement est un important facteur de stress. Un confinement de plus de 10 jours engendre en effet des symptômes de stress post-traumatique, de comportement d’évitement et de colère.

D’autres facteurs de stress ont également été identifiés :

  • Les signes symptomatiques de la maladie : ils accroissent la peur de l’infection et l’inquiétude, même plusieurs mois après les premiers signes ;
  • La peur de la transmission mère-enfant : les femmes enceintes ont peur d’être infectées ou de transmettre le virus à leur bébé. Il en est de même chez les mamans avec des enfants en bas âge ;
  • La réduction du contact physique et social : cette situation engendre des états de frustration, d’ennui et un sentiment d’isolation ;
  • Les insuffisances d’approvisionnement dans la distribution des biens de première nécessité ;
  • L’opacité des informations sur les niveaux de risque ;
  • L’opacité des informations sur la sévérité de la pandémie ;
  • L’inexistence de protocoles et de guides de conduite clairs ;
  • La confusion sur l’objectif du confinement et les bonnes pratiques véhiculés par les autorités sanitaires.

Ces études ont aussi démontré que le stress ne s’arrête pas à la fin du confinement, car plusieurs facteurs de stress continuent à affecter de nombreuses personnes une fois la période d’isolement terminée :

  • La détresse socio-économique due à la perte de revenus : elle entraine la colère, l’anxiété les mois qui suivent la période de confinement ;
  • La fragilisation élevée des travailleurs indépendants ;
  • La perte des relations commerciales ;
  • La détresse socio-économique globale ;
  • Les difficultés dans la reprise du travail ;
  • La paupérisation des personnes dites précaires au niveau économique et travaillant dans les métiers ne pouvant être effectués en télétravail ;
  • La tension dans les couples occupant des activités professionnelles à risque ;
  • L’état de santé des personnes représentant un danger de contamination ou vivant dans des régions surexposées.

Comment éviter la détresse psychologique en confinement ?

Le confinement est la période idéale pour améliorer votre bien-être en appliquant des mesures très simples chez vous. Commencez par exemple par contacter régulièrement vos proches et évitez de vous exposer à des informations anxiogènes. Si vous avez des enfants, occupez-vous ensemble pour de nouvelles découvertes culinaires, littéraires, culturelles.  

En période de confinement, occupez-vous et positivez ! Jardinage, cuisine, bricolage, sport, yoga, méditation… tout est bon pour rattraper le temps perdu avec vous-même et savourer chaque moment.

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