Faible apport en flavonoïdes, risque élevé de maladie d’Alzheimer !

Faible apport en flavonoïdes, risque élevé de maladie d’Alzheimer !

Pour lutter contre la démence et la maladie d’Alzheimer, plusieurs études ont été publiées, dont celle de chercheurs américains qui associe une faible consommation d’aliments riches en flavonoïdes à un risque plus élevé de maladie d’Alzheimer et de démences apparentées.

Parallèlement à l’amélioration des soins de santé et à la technologie médicale, le vieillissement de la génération du baby-boom entraînera une augmentation sans précédent du nombre de personnes âgées. Plusieurs maladies liées à l’âge pourraient également de plus en plus apparaître comme la maladie d’Alzheimer.

Actuellement, les États-Unis comptent plus de 50 millions de personnes âgées de 65 ans et plus, et cela devrait plus que doubler d’ici 2060. Une conséquence de l’augmentation de cette partie de la population est la hausse des maladies liées à l’âge comme la maladie d’Alzheimer. Celle-ci est effectivement la forme la plus courante de démence chez les Américains, représentant environ 60 à 80% des cas de démence. Actuellement, 5,8 millions d’Américains sont concernés, et d’ici 2050, ce chiffre devrait atteindre 13,8 millions de personnes chez les plus de 65 ans.

En France, l’INSERM a recensé environ 900 000 personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer en 2019. Compte tenu de l’augmentation de l’espérance de vie, ce chiffre pourrait atteindre 1,3 million en 2020. Aussi, sur 25 malades, 15 des femmes et 10 des hommes, une différence probablement liée aux écarts d’espérance de vie.

Les flavonoïdes et la maladie d’Alzheimer

Étant donné l’absence de traitements médicamenteux efficaces pour prévenir, atténuer ou améliorer considérablement la maladie d’Alzheimer, des efforts importants sont constamment déployés. Ils permettent d’identifier les facteurs de risque qui peuvent réduire le risque de la développer, dont le régime alimentaire qui pourrait être très prometteur.

De plus en plus de preuves suggèrent par exemple que le régime méditerranéen, un régime alimentaire qui met l’accent sur les fruits et légumes riches en flavonoïdes, a le potentiel de réduire le risque de déclin cognitif.

Les flavonoïdes sont des pigments bioactifs naturels que l’on trouve largement dans les aliments d’origine végétale. Les sources courantes de flavonoïdes comprennent :

  • Les baies et le vin rouge riches en anthocyanes ;
  • Les agrumes et les jus riches en flavanones ;
  • Le thé et le chocolat riches en flavan-3-ol ;
  • Le persil et le céleri riches en flavone ;
  • L’oignon et les pommes riches en flavonol ;
  • Le soja riche en isoflavones.  

Des études évaluant les effets aigus des aliments riches en flavonoïdes, tels que le cacao, les bleuets et le jus d’orange ont également révélé des résultats prometteurs dans les domaines de la mémoire, de l’attention, et des fonctions exécutives

En avril 2020, des chercheurs du Centre de recherche en nutrition humaine de l’Université Tufts à Medford, dans le Massachusetts (Etats-Unis), ont démontré qu’un apport élevé à long terme d’aliments riches en flavonoïdes, tels que les baies, les pommes et le thé, est associé à un risque réduit de développer la maladie d’Alzheimer.

Une faible consommation de flavonoïdes, un risque 4 fois plus important  

L’étude publiée dans l’American Journal of Clinical Nutrition a examiné l’apport de six types différents de flavonoïdes chez 2801 personnes durant près de 20 ans. Les chercheurs ont mesuré l’apport en flavonoïdes du groupe à l’aide de questionnaires alimentaires, que les participants remplissaient environ tous les 4 ans. L’équipe a également surveillé la santé globale du groupe, y compris les taux de démence et la maladie d’Alzheimer elle-même.

Selon le Dr Paul Jacques, auteur principal de l’étude, un épidémiologiste nutritionnel :

Notre étude nous donne une image de la façon dont le régime alimentaire au fil du temps pourrait être lié au déclin cognitif d’une personne, car nous avons pu examiner l’apport de flavonoïdes pendant de nombreuses années avant le diagnostic de démence des participants.

Sur les 2801 participants, 193 ont développé une démence et 158 ​​ont développé la maladie d’Alzheimer elle-même au cours de l’étude. L’analyse des relations dans les données a révélé que les personnes qui consommaient de faibles quantités de flavonoïdes étaient deux à quatre fois plus susceptibles de développer une démence au cours de l’étude.

Une faible consommation d’anthocyanes, comme les baies, était associée à un risque quatre fois plus élevé de démence. En revanche, une faible consommation de flavonols, comme les pommes, les poires et le thé, multipliait de deux fois le risque de la maladie.

Dans cette étude, « une faible consommation » équivaut à ne consommer aucune baie, un peu plus d’une pomme et aucun thé en 1 mois, tandis que « forte consommation » équivaut à consommer environ 7,5 tasses de baies, 8 pommes ou poires et 19 tasses de thé en 1 mois.

Une pomme par jour pourrait déjà éviter la maladie

Il semble que manger « pomme par jour » puisse vraiment éviter la maladie, une grande découverte pour les scientifiques, car il n’existe actuellement aucun remède contre la maladie d’Alzheimer. La prévention est donc primordiale.

Le Dr Jacques explique :

En l’absence de médicaments efficaces actuellement disponibles pour le traitement de la maladie d’Alzheimer, la prévention de la maladie par une alimentation [saine] est une considération importante.

Surtout, même si une personne apporte ces changements à son alimentation plus tard dans la vie, ils seraient toujours efficaces. Par conséquent, les chercheurs affirment qu’il n’est pas trop tard pour que commencer à modifier son alimentation, même à la cinquantaine.

Le Dr Jacques ajoute :

Le risque de démence commence vraiment à augmenter à partir de 70 ans, et le message à retenir est que, lorsque vous approchez les 50 ans ou même un peu plus, vous devriez commencer à penser à un régime [plus sain] si vous ne l’avez pas déjà fait..

Les changements ne sont pas non plus trop difficiles à mettre en œuvre. Selon l’un des auteurs de l’étude, Esra Shishtar, doctorante à l’Université Tufts (Massachusetts, Etats-Unis), consommer une tasse de thé par jour ou quelques baies deux à trois fois par semaine suffirait.

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