Le yoga améliore les symptômes du trouble anxieux généralisé selon une étude

Le yoga améliore les symptômes du trouble anxieux généralisé selon une étude

Le  yoga et la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) sont-ils efficaces pour traiter le trouble d’anxiété généralisé ? Il se pourrait bien que oui ! Une nouvelle étude révèle que le yoga améliore les symptômes du trouble anxieux généralisé et suggère qu’il peut être utile dans le traitement de l’anxiété chez certaines personnes.

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Le yoga, efficace pour traiter le trouble d’anxiété généralisé

Une nouvelle étude a révélé que le yoga était significativement plus efficace pour traiter le trouble d’anxiété généralisé par rapport aux thérapies standards sur la gestion du stress (la thérapie de contrôle). Néanmoins, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), la forme de référence en matière de psychothérapie structurée par la parole, reste le traitement de première intention. Celle-ci aide les patients à identifier les pensées négatives pour mieux répondre aux défis auxquels les patients sont confrontés.

Dirigée par des chercheurs de la NYU Grossman School of Medicine et publiée le 12 août 2020 dans JAMA Psychiatry, l’étude a porté sur 226 hommes et femmes adultes atteints de trouble anxieux généralisé. Ils ont été répartis au hasard en trois groupes, celui de la TCC, du Yoga Kundalini et de l’éducation à la gestion du stress, une technique de contrôle standardisée.

Les chercheurs ont ensuite réalisé un traitement de groupe de 12 semaines prouvant que le Kundalini yoga et la TCC étaient plus efficaces que la condition de contrôle de l’éducation au stress. Néanmoins, le test de non-infériorité n’a pas trouvé que le Kundalini yoga était aussi efficace que la TCC.  

Les détails de l’étude

L’étude impliquait un protocole basé sur des preuves pour le traitement TCC du trouble anxieux généralisé comprenant :

  • La psychoéducation ;
  • Les interventions cognitives (axées sur l’identification et l’adaptation des pensées inadaptées et l’inquiétude) ;
  • Des techniques de relaxation musculaire.

Le yoga Kundalini comprenait :

  • Des postures physiques ;
  • Des techniques de respiration ;
  • Des exercices de relaxation ;
  • La théorie du yoga ;
  • La méditation pleine conscience.

Le groupe témoin de l’éducation à la gestion du stress a suivi des conférences sur les effets physiologiques, psychologiques et médicaux du stress. Il a également été informé sur les effets anxiolytiques des comportements de style de vie, tels que la réduction de l’alcool et du tabagisme, et l’importance de l’exercice et d’une alimentation saine. Les exercices se basaient sur l’écoute de documents sur le stress, la nutrition et le mode de vie.

Chaque traitement a été administré en groupes de 3 à 6 participants, sur des séances hebdomadaires de deux heures pendant 12 semaines avec 20 minutes de devoirs quotidiens assignés.

La TCC reste le traitement de première intention…

Selon Naomi M. Simon, MD, professeur au Département de psychiatrie de NYU Langone Health, l’auteur principal de l’étude : «Le trouble d’anxiété généralisée est une condition très courante, mais beaucoup ne veulent pas ou ne peuvent pas accéder à des traitements fondés sur des preuves. Nos résultats démontrent que le yoga, qui est sûr et largement disponible, peut améliorer les symptômes de certaines personnes atteintes de ce trouble et pourrait être un outil précieux dans un plan de traitement global. »

En effet, la TCC et le yoga se sont révélés beaucoup plus efficaces contre l’anxiété que la gestion du stress, car après trois mois :

  • 54% de ceux qui pratiquaient le yoga répondaient aux critères de réponse pour une amélioration significative des symptômes, contre 33% dans le groupe d’éducation au stress ;
  • 71% répondaient à ces critères d’amélioration des symptômes parmi ceux traités par TCC.

Après six mois de suivi, la réponse de la TCC est restée toutefois significativement meilleure que l’éducation au stress (la thérapie de contrôle). Le yoga n’était plus significativement meilleur, ce qui suggère que la TCC pourrait avoir des effets de réduction de l’anxiété plus importants et plus durables.

La TCC engendre néanmoins plusieurs défis

Selon les chercheurs, le trouble anxieux généralisé est une affection courante, dégradante et insuffisamment traitée, affectant actuellement environ 6,8 millions d’Américains. En France, la prévalence des troubles anxieux est de :

  • 2,1 des 18-65 ans présenteront un trouble anxieux au cours de cette année (prévalence sur un an) ;
  • 6% des 18-65 ans présenteront un trouble anxieux à un moment ou un autre de leur vie (prévalence vie entière).

Et avec le confinement instauré en mars 2020 suite à la pandémie du coronavirus, la situation s’est aggravée. Un dispositif d’enquête réalisé par l’agence Santé Publique France et l’institut BVA a révélé que 27% des sondés (2000 internautes de 18 ans et plus) ressentaient un état d’anxiété, contre 13,5% de personnes affectées par cette forme d’inquiétude en 2017.

Bien que la plupart d’entre nous se sentent anxieux de temps en temps, cela n’est considéré comme un trouble que lorsque l’inquiétude devient excessive et affecte le quotidien. La TCC est considérée comme le traitement de première intention. Des médicaments, y compris des antidépresseurs et parfois des benzodiazépines, peuvent également être utilisés.

Pourtant, tout le monde n’est pas disposé à prendre des médicaments qui peuvent avoir des effets secondaires indésirables. De plus, l’accès à la TCC pose plusieurs défis, notamment le manque d’accès à des thérapeutes qualifiés et de longues listes d’attente.

C’est pourquoi de nombreuses personnes recherchent déjà des interventions complémentaires et alternatives, y compris le yoga, pour traiter l’anxiété» selon le Dr Simon.

À court terme, les personnes souffrant de trouble d’anxiété généralisée peuvent ainsi déjà essayer le yoga pour voir s’il fonctionne pour elles. Cette pratique est bien tolérée, facilement accessible et présente un certain nombre d’avantages pour la santé, ajoute le chercheur.

Enfin, les recherches futures devraient viser à comprendre qui est le plus susceptible de bénéficier du yoga pour le trouble d’anxiété généralisée afin d’aider les prestataires à mieux personnaliser les traitements.

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