Les vers de terre, nouvelle solution contre l’antibiorésistance ?

Les vers de terre, nouvelle solution contre l’antibiorésistance ?

Selon une étude menée par des chercheurs de l’American Chemical Society (ACS), les vers de terre pourraient être une solution naturelle et durable contre le problème mondial de l’antibiorésistance

Une solution naturelle contre la résistance aux antibiotiques

Les vers de terre améliorent le sol en l’aérant, en décomposant la matière organique et en minéralisant les nutriments. Mais ils pourraient être encore plus indispensables, non plus dans le secteur de l’agriculture, mais dans le secteur médical.

Des chercheurs de l’American Chemical Society (ACS), une société savante basée aux États-Unis active dans le domaine de la recherche scientifique en chimie, ont découvert un autre rôle possible de ces lombrics : réduire le nombre et l’abondance relative des gènes de résistance aux antibiotiques ou Antibiotic Résistance Gene (ARG) dans les sols de divers écosystèmes. Selon les chercheurs, ces résultats impliquent que les vers de terre pourraient être une solution naturelle et durable pour résoudre le problème mondial de la résistance aux antibiotiques.

La surutilisation des antibiotiques chez les humains et les animaux a entraîné une accumulation d’ARG dans les sols, ce qui pourrait contribuer à l’augmentation des infections résistantes aux antibiotiques. Pourtant, les vers de terre consomment plusieurs tonnes de sol par an dans le monde et leurs tripes ont une combinaison unique de :

  • Conditions de faible teneur en oxygène ;
  • Ph (potentiel hydrogène et qui représente la mesure de l’alcalinité) neutre ;
  • Habitants microbiens intrus qui pourraient avoir un effet sur les ARG.

Des résultats controversés…

Le rôle des vers de terre dans la propagation de la résistance aux antibiotiques a pourtant été controversé. Certaines études dans des milieux contrôlés suggèrent que leurs tripes sont des points chauds pour les ARG, qu’ils peuvent propager dans le sol avec leurs mouvements. D’autres études indiquent que les tripes des vers de terre peuvent réduire l’abondance des ARG en détruisant les bactéries hôtes et les éléments génétiques mobiles.

Pour mieux comprendre le problème, les chercheurs de l’American Chemical Society (ACS) ont collecté des vers de terre et des échantillons de sols environnants dans 28 provinces chinoises. Ils ont ensuite analysé la composition des communautés microbiennes dans les intestins des vers et le sol environnant, constatant qu’elles différaient entre les tripes et le sol et aussi entre les sites.

L’équipe de chercheurs a trouvé des résultats intéressants :

  • Un nombre et une abondance relative inférieurs d’ARG dans les entrailles des vers de terre que dans le sol correspondant sur tous les sites d’échantillonnage ;
  • Les tripes de vers de terre avaient des niveaux inférieurs d’espèces bactériennes qui hébergent généralement des ARG. Ces bactéries et leurs ARG pourraient être détruits pendant la digestion, ou les bactéries qui vivent dans l’intestin pourraient les surpasser.

Dans d’autres expériences, ils ont utilisé des environnements contrôlés pour montrer que le nombre et l’abondance relative des ARG étaient plus élevés dans les tripes de vers de terre que dans leurs excréments. L’ajout de vers de terre a également réduit les ARG dans les échantillons de sol.

Finalement, ces résultats suggèrent que les vers de terre ont le potentiel d’atténuer ces gènes dans les sols en tant que forme de biorestauration naturelle, ce qui pourrait être une solution non négligeable et qui plus est naturelle contre la résistance aux antibiotiques.

Source : American Chemical Society

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